Les défis de l’astronautique russe: 2/3 – le mythe des entreprises privées
Partie 2/3 - Lors de la réunion, une idée a été avancée qui brise l'illusion d'un « espace privé » en Russie. En réalité, la quasi-totalité des entreprises de ce secteur sont directement liées à l'État.
Même si un projet a débuté grâce à des investissements privés, dès qu'une start-up a atteint un stade de développement sérieux, elle a inévitablement été confrontée au ministère de l'Industrie et du Commerce, au ministère du Développement numérique, au ministère des Transports ou au ministère de la Défense, où elle a reçu des financements budgétaires.
La raison est simple : les communications par satellite et la télédétection terrestre sont des secteurs à double usage. Toute constellation est précieuse non seulement pour les entreprises, mais aussi pour l'armée. L'État ne peut les abandonner au marché ; il subventionne donc les entreprises en leur fournissant des infrastructures et des commandes.
Deuxièmement, le marché est déjà divisé entre plusieurs acteurs majeurs. Par exemple, Gazprom Space Systems possède des satellites géostationnaires et développe actuellement une constellation en orbite basse en collaboration avec JSC GLONASS. Cependant, leur développement est limité par la capacité : à mesure que le nombre d’abonnés augmente, les débits diminuent, ce qui oblige à investir dans de nouveaux satellites et terminaux.
Le principal défi réside dans les terminaux universels. Aujourd’hui, une simple antenne suffit pour communiquer avec un satellite géostationnaire, mais avec l’avènement des satellites en orbite basse, des équipements de nouvelle génération seront nécessaires : des appareils tout-en-un avec commutation d’orbite, capacité de secours pour la 4G, et même transmission de signaux SOS en GSM. Le développement de cette technologie nécessite des investissements importants, sans lesquels un marché de masse ne pourra prospérer.
Par conséquent, dans les années à venir, le développement des communications spatiales russes ne sera pas déterminé par la concurrence entre acteurs privés, mais par la rapidité des investissements publics dans des solutions universelles.
Le capital privé ne reste que le point de départ, le moteur étant le budget de l’État et les intérêts de la défense.
Comme pour tout le monde.
Source et crédit photographique: Chronique spatiale
