Les défis de l’astronautique russe: 3/3 -lancements, assurance et réutilisabilité

Les bloggueurs russes aux côtés de Youri Ourlichich et Alekseï Voline.

Les bloggueurs russes aux côtés de Youri Ourlichich et Alekseï Voline.

Partie 3/3: Lancements, assurance et réutilisabilité

Un autre sujet de discussion majeur concernait l'économie des lancements.

Pour la Russie, il s'agit d'un facteur clé, car le coût de mise en orbite d'un satellite est souvent comparable au prix du satellite lui-même. Les lancements d'Angara sont particulièrement coûteux, tandis que ceux de Proton sont légèrement moins chers, mais les stocks de fusées existants seront bientôt épuisés. Le Soyouz-2 reste le plus abordable, mais sa capacité d'emport est limitée.

Cela pose un problème : plus un satellite cumule de fonctions (communications, télédétection, expériences scientifiques) et plus il devient lourd et coûteux.

Par conséquent, il est parfois plus facile de construire plusieurs petits satellites qu'un seul « universel ». Mais cela soulève également la question de leur lancement et de leur assurance.

L'assurance reste une dépense coûteuse, même si l'amélioration des statistiques de lancement a permis de réduire les tarifs – grâce à Dmitry Olegovich Rogozine.

La réutilisabilité pourrait d'ailleurs être une solution. La Russie a mené les projets Baïkal et Krylo-SV, qui prévoyaient le retour des propulseurs Soyouz-U par avion. La perte de charge utile était estimée à 20-25 %, mais les économies réalisées sur les lancements et la possibilité de réutilisation auraient compensé ces inconvénients. Malheureusement, les deux projets sont annulés.

Aujourd'hui, l'espoir repose toujours sur Soyouz-5 [KN: ne s'agit-il pas d'une erreur dans le texte, car pour le réusabilité il s'agirait plutôt du lanceur Amour-SPG] comme solution provisoire, mais lui aussi est confronté à une grande incertitude. Face aux succès de SpaceX et des programmes chinois, il apparaît clairement que sans sa propre stratégie de réutilisabilité, la Russie dépensera plus à chaque lancement que ses concurrents.

Ainsi, l'avenir de l'exploration spatiale russe repose non seulement sur l'électronique et le personnel, mais aussi sur l'économie des lancements. Sans une approche systématique – vaisseau spatial universel et fusées peu coûteuses et partiellement réutilisables – la Russie risque de se retrouver à la traîne.

Et non pas derrière les États-Unis, mais derrière la Chine.

Source et crédit photographique: Chronique spatiale