Aïdyn Aimbetov sur « Baïterek » et le lanceur Soyouz-5
Le chef de la société "Baïterek", le général de division de l'aviation, cosmonaute Aïdyn Aimbetov, a accordé une interview à l'agence kazakhe informburo.
Voici des extraits de cette interview.
Quelles étaient les missions du premier lancement et dans quelle mesure les résultats ont-ils correspondu aux attentes ?
– Avant le premier lancement, l'objectif principal était de réaliser des essais en vol de la nouvelle fusée. Le programme prévoit trois essais en vol, et chaque étape a ses propres objectifs.
Le 30 avril, le premier lancement d'essai a eu lieu. Il a permis de tester dans des conditions réelles la fusée elle-même, le système de contrôle et la préparation de l'infrastructure terrestre à fournir des services de lancement. Pour le premier vol, c'était fondamental : il était nécessaire de s'assurer que tous les éléments principaux du complexe fonctionnaient de manière coordonnée et permettaient la réalisation du lancement.
À la suite du premier vol, on peut dire que les objectifs qui lui étaient assignés ont été atteints. Le système de contrôle a fonctionné, l'infrastructure terrestre a démontré sa préparation. Cela fournit une base essentielle pour passer aux prochaines étapes des essais.
Les deuxième et troisième vols d'essai auront d'autres objectifs. C'est pourquoi le premier lancement doit être considéré comme la première étape d'un vaste programme d'essais. Le plus important est que cette étape ait été couronnée de succès et ait confirmé la fonctionnalité du système créé.
– Et quand est prévu le deuxième vol ?
– La date exacte du deuxième vol n'est pas encore définie. Selon le programme, le deuxième lancement était prévu pour 2026, mais il est probable qu'il soit reporté à 2027. Par conséquent, le troisième essai en vol aura probablement lieu en 2028.
– Le professionnalisme de l'équipe de "Baïterek" se manifeste également par le fait qu'elle assurera le lancement des "Proton-M". Pourquoi est-ce fait ? Quels sont les objectifs et les avantages que cela apporte au pays et aux spécialistes eux-mêmes ?
– C'est l'une des voies d'amélioration des compétences. Le "Proton-M" est un système complètement différent, avec un équipement différent et une fusée porteuse différente. Et travailler avec lui permet aux spécialistes d'acquérir une expérience qu'ils ne peuvent obtenir en étudiant qu'un seul système.
Et ici, il y a probablement un autre point très important : la confiance. Les Russes font confiance à nos spécialistes et leur permettent de travailler sur des fusées porteuses de fret qui sont encore utilisées. Nous apprenons les uns des autres, nous nous aidons mutuellement. Il n'y a pas de manœuvres sournoises ici. Une formation et une pratique supplémentaires sont toujours nécessaires...
– Une niche de marché pour les lancements de "Soyouz-5" a-t-elle été identifiée ?
– Il existe déjà des partenaires potentiels pour le lancement de leurs propres charges utiles, c'est-à-dire des satellites. Et je dirais que : ils sont dans une liste d'attente. Pas spécifiquement pour nous, mais en général, il existe une demande sur le marché extérieur pour de tels services. Il y a actuellement une pénurie de ces lanceurs.
Par conséquent, l'apparition de notre fusée porteuse devrait coïncider avec une augmentation de la demande. Le marché offre ses opportunités, nous offrons notre service, et les clients, de leur côté, créent la demande. L'essentiel est de pénétrer sur ce marché au bon moment et d'assurer la fiabilité et la régularité des lancements.
– Est-ce que ce seront les Russes ou les Kazakhs qui chercheront des clients ?
– Il s'agit d'une coentreprise, et la question de savoir quelle entreprise fournira et vendra les services de lancement n'est pas encore officiellement définie. Cela fait l'objet de discussions.
C'est désormais de la compétence du Ministère de l'Intelligence Artificielle et du Développement Numérique, auquel appartient le secteur spatial. Il est donc préférable de revenir à cette question plus tard. Il reste encore suffisamment de temps pour définir le modèle organisationnel et l'entreprise qui sera chargée de la vente des services de lancement.
L'intégralité de l'interview peut être lue sur le lien suivant : https://informburo.kz/interview/aidyn-aimbetov-o-baitereke-mozno-bylo-zapustit-ranse-no-v-prioritete-byla-bezopasnost
Source: Popoularnaya kosmonavtika; Crédit photographique: SP Baïterek
