Roscosmos et la NASA discutent des responsabilités concernant la désorbitation de l’ISS

Le segment russe de l'ISS photographié sur fond de Terre à l'aurore.

Une partie du segment russe de l'ISS photographié sur fond de Terre à l'aurore. Image d'archives.

Roscosmos et la NASA discutent du partage des responsabilités entre les pays pour la désorbitation de la Station spatiale internationale (ISS) après 2030.

Le directeur de Roscosmos, Dmitry Bakanov, l'a déclaré à TASS.

« Concernant la désorbitation de l'ISS : nous avons prolongé la durée de vie de la station de 2028 à 2030 et nous sommes actuellement en pleine négociation sur les modalités, la répartition des tâches et les responsabilités de chacun. Nous avons encore un an et demi devant nous. Nous ne sommes absolument pas pressés », a-t-il déclaré.

Le directeur de la société d'État a ajouté qu'une rencontre personnelle avec le directeur de la NASA n'était pas prévue dans un avenir proche.

En juillet, Dmitry Bakanov a annoncé(opens in new tab) (opens in new tab)que Roscosmos et la NASA avaient convenu de prolonger les opérations de la Station spatiale internationale jusqu'en 2030. Il a souligné que les organisations spatiales continueraient à coordonner et à échanger des informations techniques sur leurs stations orbitales même après la fin du service de l'ISS.

Le 10 août dernier, on a appris [KN: une information qui nous avait échappé] que les États-Unis ont été chargés de la dernière étape de la désorbitation de la Station spatiale internationale (ISS).

C'est ce qu'a déclaré à TASS Oleg Kononenko, commandant du corps des cosmonautes de Roscosmos et directeur du Centre d'entraînement des cosmonautes Youri Gagarine.

« La phase finale de la désorbitation de l'ISS relève de la responsabilité des États-Unis, qui conçoivent et développent activement un vaisseau spatial spécialisé, l'USDV (United States Deorbit Vehicle). Les travaux d'organisation et techniques sont menés en parallèle, afin de synchroniser les échéances et les exigences. Deux vaisseaux cargo russes Progress seront également utilisés pour contrôler l'orientation de la station durant la désorbitation », a-t-il déclaré.

Kononenko a souligné que la mission à venir peut être considérée comme l'une des plus importantes de l'histoire de la cosmonautique.

« Elle exige une analyse comparative de multiples configurations, des fonctions redondantes et des approbations bilatérales. Son caractère unique réside dans l'achèvement de trente années d'exploitation du plus grand objet artificiel en orbite. Tous les préparatifs – organisationnels, techniques et juridiques – visent à mener à bien cette opération sans précédent, qui occupera à juste titre une place particulière dans l'histoire », a précisé le directeur du Centre d'entraînement des cosmonautes.

À propos du fonctionnement de l'ISS et de la séparation de la station orbitale russe

Rappelons qu'une partie du segment russe sera séparé de l'ISS* et constituera l'embryon de la station russe ROS.

Le premier module de la Station spatiale internationale, le module cargo russe Zarya, a été lancé en orbite en 1998. Plusieurs modules se sont ensuite amarrés au segment russe, les modules Naouka et Pritchal les rejoignant en 2021. Initialement prévue pour 2015-2016, la station devait cesser ses opérations, mais après plusieurs reports, la période de démantèlement a été étendue jusqu'en 2028. Le 14 juillet, Dmitry Bakanov, directeur de Roscosmos, a annoncé que Roscosmos et la NASA avaient convenu de prolonger les opérations conjointes sur l'ISS jusqu'en 2030.

Il est prévu qu'en 2028, le module nodal Pritchal (OuM) du segment russe de la station soit séparé et désorbité avec un  vaisseau cargo Progress MS, et remplacé par un nouveau module nodal universel (OuOuM) de la future Station orbitale russe (ROS). Le module scientifique et énergétique (NEM) sera ensuite lancé en orbite. En 2030, l'OuOuM, le NEM et le module laboratoire polyvalent Naouka se désamarreront et quitteront la station pour des vols indépendants. La station russe devrait être achevée d'ici 2034.

[*KN: ce qui explique que la responsabilité de la désorbitation du reste de l'ISS soit confié à la NASA.]

Sources: TASS et TASS; Crédit photographique: cosmonaute Alexandre Grebyonkine/Roscosmos