Comment les moteurs du lanceur Soyouz démarrent ?

Photo 1.

Photo 1.

Nous avons tous vu les images spectaculaires de l'allumage des moteurs de la fusée Soyouz sur son pas de tir.

Le blogueur dont le canal Telegram s'intitule "Popoulyarnaya Kosmonavtika" nous parle du système d'allumage des moteurs du lanceur Soyouz.

Les flammes se développent, la fusée atteint sa pleine puissance et s'élance vers le ciel !

(Regardez cette superbe vidéo en bas de la page).

Mais comment se produit cet allumage ?

C'est assez simple.

Voici le dispositif d'allumage pyrotechnique (PZOu) des moteurs RD-107A et RD-108A, des premier et deuxième étages du lanceur Soyouz-2.

Son principe est simple : une tige en bois supporte des bougies pyrotechniques munies d'un capteur. À la commande d'« allumage », un signal est envoyé au PZOu, les bougies s'enflamment et le fil du capteur se consume, ouvrant le contact. Le système de contrôle du lanceur reçoit alors le signal que les chambres de combustion de chaque moteur sont allumées. Les vannes de carburant et d'oxydant s'ouvrent, le moteur démarre et le carburant s'enflamme.

J'ai retrouvé dans mes archives des photos prises il y a des années, et elles me sont enfin utiles. Les photos 1 et 2 montrent les modules d'allumage assemblés pour les moteurs de croisière des premier et deuxième étages (20 unités), tandis que les photos 3 et 4 montrent les barres de commande assemblées pour les propulseurs de direction [moteurs Vernier] de ces mêmes étages (12 unités).

Le kit est assemblé la veille du lancement, remis au service de sécurité, puis installé dans les moteurs le jour du lancement (photo 5).

Ce système d'allumage est en service depuis des décennies et présente des avantages et des inconvénients.

Inconvénients :

- Il s'agit d'un produit à usage unique, ce qui signifie qu'il ne fonctionnera pas si le moteur doit être démarré plus d'une fois (ceci ne concerne pas ces moteurs, mais cela reste un inconvénient) ;

- L'assemblage manuel du module d'allumage et son installation manuelle dans les chambres de combustion augmentent le risque d'erreur du fait du facteur humain et, par conséquent, de défaillance du module.

Bien sûr, avec des années d'utilisation et un contrôle qualité constant, ces inconvénients sont finalement négligeables. Je ne me souviens que d'un seul lancement où celui d'une fusée a été reporté en raison de la défaillance d'un seul module d'extension (PZOu) : le 12 mars 2016, lors du lancement du vaisseau spatial Resours-P n° 3 par une fusée Soyouz-2.1b.

Avantages :

- Conception simple, éprouvée depuis des décennies ;

- Faible coût d'utilisation ;

- Remplacement facile et rapide si nécessaire.

Source et crédits photographiques: Popoularnaya Kosmonavtika

 

Photo 2.

Photo 2.

Photo 3.

Photo 3.

Photo 4.

Photo 4.

Photo 5.

Photo 5. Les deux types d'enflammeur pour les moteurs principaux et Vernier (à gauche).

La vidéo