Stations spatiales russes: vers une prolongation de l’ISS, puis ROS sur la même orbite plus tard ?

Vue d'artiste de la station ROSS.

Vue d'artiste de la station ROS.

A propos des futures missions habitées russes.

Si vous avez attentivement lu l'article sur la récupération et le sauvetage en Mer du Japon, vous avez déjà compris la problématique russe concernant le futur des missions habitées.

Nous reprenons néanmoins la partie de cette article qui concerne une phrase au détour de cette information:

Le TsPK rapporte un entraînement qui concerne, à priori, uniquement le vaisseau Soyouz, mais la phrase "Le couloir aérien du vaisseau Soyouz, au départ du cosmodrome de Vostochny, survole l'océan Pacifique" laisse penser deux choses:

  • d'une part le souhait d'utiliser le vaisseau Soyouz depuis Vostochny, ce qui jusqu'à présent n'avait jamais été envisagé sérieusement,
  • d'autre part que ce vaisseau Soyouz pourrait être utilisé pour rejoindre la future station ROS.

La troisième donnée étant alors que le nouveau vaisseau "PTK" lui ne serait pas utilisé pour cette station, du moins pas dans l'immédiat. Tout cela implique que ROS sera construite à partir d'une partie du segment russe de l'ISS et que donc ROS sera installée sur la même orbite que l'ISS et non en orbite polaire...

Dans ces conditions il faudra quand même que les Russes modifient le pas de lancement Soyouz à Vostochny pour le rendre utilisable pour lancer Soyouz (nécessité de prendre en compte la taille du SAS, ce système d'extraction d'urgence, qui probablement ne "passe" pas dans la tour de service mobile et couverte - à vérifier).

Par ailleurs le lanceur Angara sera alors destiné à lancer les modules de la station ROS, et éventuellement, plus tard, le PTK pour lequel l'infrastructure est déjà en place.

Le PTK serait alors réservé à des missions lunaires, en fonction des évolutions géopolitiques et de coopération avec la Chine ou les USA dans un futur plus lointain.

Veuillez noter que tout cela n'est que suppositions puisque Roscosmos ne communique pas sur cette question. Ce mutisme résulte de l'habitude russe de ne pas trop dévoiler leurs intentions, mais aussi parce que les Russes n'ont pas totalement décidé de leurs intentions à cause...des américains !

D'une part les Russes sont confrontés à un large problème de financements. Il faut faire autant voire plus avec les mêmes finances (ou même moins). Mais d'autre part, la priorité étant donnée aux constellations de satellites, y-a-t-il un intérêt à construire une nouvelle station ? Oui si l'ISS disparaît et que seule la Chine possède sa station orbitale terrestre, non si les USA ont la volonté de poursuivre la coopération et maintenir l'ISS au moins jusqu'en 2030 voire au-delà (tous les pays participants semblent d'accord pour cette tendance). Ce qui n'empêche pas par la suite de construire la station ROS à partir du segment russe de l'ISS (en tout cas la partie mise en orbite récemment).

De ce point de vue l'utilisation des soyouz et progress MS sont des solutions viables, éprouvées et économiques par rapport au PTK.

N'oublions pas par ailleurs que toutes les nations aspirent à avoir/garder une astronautique habitée. S'il n'y a pas de problème de ce point de vue pour la Chine, il n'en est pas de même pour les USA qui, sans l'ISS, compteraient un nombre réduit de missions habitées (quelques missions lunaires ?). Les USA, rendus aveugles par les folies Muskiennes, n'ont rien prévu pour leur astronautique habitée, comme ils n'avaient pas prévu le remplacement des navettes... 10 ans à devoir dépendre entièrement sur la Russie !  Quelle impéritie !

Source: Kosmosnews.fr; Crédit graphique: Energuya/Roscosmos