Une belle image de Proton-M au décollage depuis Baïkonour.

Une belle image de Proton-M au décollage depuis Baïkonour. Image d'archives.

Depuis deux ans et demi, la Russie a effectué 58 lancements d'affilée sans avarie, répétant le record établi dans l'histoire moderne du pays il y a près de 30 ans, a calculé RIA Novosti.

Lundi, le lanceur Soyouz-2.1b a lancé avec succès 36 satellites de communication britanniques OneWeb en orbite depuis le cosmodrome de Vostochny. Ce lancement est devenu le 58e succès depuis le dernier accident en 2018, lorsque le vol Soyouz MS-10 vers la Station spatiale internationale qui avait été interrompu en raison d'un problème dans la séparation des étages de la fusée Soyouz-FG. Grâce au système de secours d'urgence, le cosmonaute russe Alexeï Ovchinine et l'astronaute américain Nick Haig ont alors atterri en toute sécurité.

Au cours des deux ans et demi qui se sont écoulés depuis cette urgence, la Russie a réalisé 27 lancements spatiaux réussis depuis Baïkonour, 19 depuis Plesetsk , 5 depuis Vostochny et 7 depuis le cosmodrome de Kourou en Guyane.

À titre de comparaison, au cours de la même période dans le monde, il y a eu 17 lancements spatiaux qui se sont avérés être des échecs: huit en Chine, trois en Iran, trois aux États-Unis, deux en France et un en Nouvelle-Zélande.

La série actuelle sans accident a interrompu une série de situations d'urgence annuelles lors des lancements spatiaux russes. Ainsi, en 2010, 2013 et 2016-2018, il y a eu un accident par an, en 2012 et 2015 - deux chacun, en 2014 - trois, en 2011 - quatre.

Dans l'histoire de la cosmonautique russe moderne, un record similaire de lancements spatiaux réussis n'a été établi qu'une seule fois, entre février 1992 et février 1993.

Dans le même temps, l'URSS, entre janvier 1983 et novembre 1984, a pu effectuer 185 lancements spatiaux réussis d'affilée.

En mars 2021, le directeur général de Roscosmos Dmitry Rogozine, qui a pris ses fonctions en 2018, a déclaré que la société ferait tout pour assurer les lancements dans l'espace sans problème, bien que ce soit une tâche très difficile.

Doit-on y voir le résultat des changements opérés par Rogozine dans l'industrie spatiale russe? Il est encore trop tôt pour l'affirmer totalement. Ce qui est certain c'est qu'il a réussi à réformer et à remettre de l'ordre dans une industrie vieillissante, même si celle-ci avait auparavant réussi à surmonter la crise qui a suivi la disparition de l'URSS.

Il reste que des risques vont se présenter dans le futur proche avec des missions ultra-importantes pour les Russes: le lancement du module Naouka en juillet, celui de Luna-25 à la fin de l'année et en 2022 le lancement d'ExoMars 2022.

Deux de ces lancements impliquent le lanceur Proton-M qui n'a jamais eu une fiabilité extraordinaire bien qu'il ait été le lanceur de tous les gros modules des stations russes et de l'ISS.

Cependant, normalement, pour ces missions, le risque devrait être ailleurs que lors du lancement lui-même: ces missions font intervenir des engins qui n'ont jamais volé précédemment.

Avec Naouka, il y a très longtemps (une vingtaine d'année) que les Russes n'ont pas ajouté un module de cette taille à l'ISS. Avec Luna-25 ils visent à réapprendre à poser un engin sur la Lune (le dernier alunissage russe - soviétique - a eu lieu en 1976 il y a 45 ans!). Et avec ExoMars 2022 il s'agit de se poser sur Mars avec le rover européen...

Source: RIA Novosti et Kosmosnews.fr - Photo de une: Bill Ingalls/NASA