Un entretien de TASS avec Oleg Kononenko, cosmonaute et DG du TsPK
Cosmonaute et directeur du Centre d'entraînement des cosmonautes Youri Gagarine (TsPK, qui fait partie de Roscosmos), évoque le sixième vol à venir vers la Station spatiale internationale, sa participation à la série animée « Prostokvashino » et les projets du centre.
Entretien réalisé pour TASS par Yekaterina Adamova.
— Vous vous entraînez pour votre sixième mission orbitale. Parlez-nous-en.
« Tout se déroule comme prévu, conformément au programme d'entraînement. Notre coéquipier américain, pour ainsi dire, est actuellement au centre d'entraînement. Nous avons récemment terminé la formation à la survie en mer. Nous avons donc mené à bien toutes les étapes prévues et nous sommes en train de les mettre en œuvre. »
Quelles sont vos attentes pour cette sixième mission ? Quels records comptez-vous établir ?
« Je me concentre principalement sur mon travail et les expériences que je vais mener. Je ne connais pas encore la liste exacte des expériences ; elle nous sera officiellement annoncée en décembre. Je me prépare donc simplement pour mon vol et mon travail, et je ferai de mon mieux pour que ce soit aussi bien que par le passé. »
— Avez-vous des appréhensions ou le retour dans l'espace vous donne-t-il l'impression de rentrer à la maison ?
« Je n'ai pas ressenti de nervosité depuis longtemps, car j'ai déjà vécu ce parcours, et même plusieurs fois. Mais lorsqu'il y a des séances d'entraînement, des tests et des examens aussi difficiles et intenses, il est naturel que je m'y prépare, et cette anxiété d'étudiant est bien présente. »
— Apprenez-vous quelque chose de nouveau, et est-ce plus difficile pour vous de vous préparer qu'auparavant ?
« C'est plus difficile maintenant, bien sûr, même pour un responsable du Centre d'entraînement des cosmonautes. Je cumule donc deux fonctions. Est-ce nouveau ? Évidemment, car rien n'est figé. Les procédures d'urgence sont constamment perfectionnées et améliorées, et des entraînements sont organisés en conséquence. Ils ne manquent pas. De nouveaux équipements sont installés, ainsi que des équipements de maintenance et des cartes électroniques avec lesquelles je travaillerai à bord de la station. Tout cela rend l'entraînement toujours aussi inhabituel, jamais routinier. Certaines tâches sont les mêmes, d'autres sont nouvelles. C'est un programme varié : administration, nouveaux appareils à maîtriser, nouveaux modes, nouvelles procédures, et en même temps, révision des notions déjà abordées. »
— Qu’est-ce qui vous manque le plus et qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus à l’idée de travailler sur la station spatiale ?
« Au-delà des sensations physiques, ce qui me manque, c’est de pouvoir créer, tester et participer à quelque chose de nouveau. Et ces choses sont nouvelles non seulement pour notre pays, mais pour le monde entier. »
- Jamais de la vie je ne serais devenu cosmonaute !
À notre connaissance, la Russie participera activement à la formation du cosmonaute birman. Pourriez-vous nous indiquer le rôle et les missions du Centre d'entraînement des cosmonautes à cet égard ?
« Nous avons déjà préparé un programme. Ce sera un programme standard de formation destiné à tous, sans exception, en vue des vols spatiaux. Il s'agira probablement d'un professionnel d'un domaine quelconque, mais la formation sera une préparation générale aux vols spatiaux, et non une formation spécifique. »
Le gouvernement russe a récemment approuvé un projet d'accord de coopération spatiale entre la Serbie et la Russie. Le Centre d'entraînement des cosmonautes prévoit-il de participer à la formation de spécialistes serbes ?
« Nous n'avons encore reçu aucune information de ce type. Si Roscosmos le juge nécessaire, nous participerons bien entendu. »
Vous dirigez le Centre d'entraînement des cosmonautes Youri Gagarine depuis plusieurs mois. Pourriez-vous nous parler des changements que vous avez déjà apportés au fonctionnement du centre et de vos projets actuels ?
« Premièrement, nous travaillons activement à la nouvelle structure du Centre de formation, en nous efforçant d'organiser plus efficacement le travail des différents départements du centre. Le deuxième volet, très important, est bien sûr l'aspect économique. »
Le développement de la station orbitale russe (ROS) est en phase active. Quels simulateurs pour la ROS et le vaisseau de transport avancé ont déjà été créés au Centre d'entraînement des cosmonautes ? Avez-vous eu l'occasion de tester le simulateur de la ROS ?
« Non, nous développons ces simulateurs conformément au plan. La prochaine étape est la création d'un simulateur pour le module scientifique et d'alimentation [NEM]. Les travaux se poursuivent conformément au plan de développement de ROS. Il s'agira [donc en suite] du module passerelle et du module nœud universel. Ces trois modules à venir sont en cours de développement actif. »
Conformément à notre documentation, tous les simulateurs doivent être opérationnels exactement un an avant leur mise en service initiale. Prenons un exemple extrême : supposons que le lancement du module scientifique soit prévu pour demain. Cela signifie que l’année dernière, à la même date, nous aurions dû démarrer ce simulateur et le préparer pour l’entraînement des cosmonautes. Par conséquent, pour tous les modules qui constitueront le cœur de la station orbitale russe, les simulateurs correspondants seront opérationnels au Centre d’entraînement des cosmonautes exactement un an avant leur lancement.
— En regardant un peu plus loin, quand pensez-vous que le Centre d'entraînement des cosmonautes pourrait commencer à former des cosmonautes pour travailler sur la Lune ?
« Cela dépendra du programme d'État. Dès lors qu'il inclura le développement d'un atterrisseur lunaire, d'une fusée lunaire et d'une base orbitale lunaire, un calendrier pour ces projets sera établi, qui comprendra également un calendrier pour la formation des cosmonautes. »
— Peut-on dire que vous attendez cela avec impatience parce que vous aimeriez participer aux préparatifs pour la mission lunaire ?
— Absolument ! J'adorerais participer à un tel programme.
— J'ai récemment appris une bonne nouvelle : vous avez fait une apparition dans un épisode de la nouvelle série animée « Prostokvashino ». Était-ce une nouveauté pour vous ?
« Bien sûr, c'était passionnant, et je suis ravi que la société d'État m'ait choisi. D'abord, ils m'ont copié, et j'ai vraiment apprécié de participer à ce processus. Ensuite, j'ai en quelque sorte contribué à l'écriture des dialogues et du texte. Et surtout, je suis très heureux que mon personnage soit intégré à l'univers de Prostokvashino. On pourrait dire que j'ai pratiquement grandi avec. »
Vous détenez déjà un record du monde et vous prévoyez d'en établir un autre. Envisagez-vous d'écrire un livre à ce sujet, ou peut-être de faire réaliser un film sur votre histoire ?
Je ne peux pas faire un film sur moi-même. Si quelqu'un en a besoin, il le fera sans doute. Quant à un livre, je ne suis pas encore dans cette optique de réflexion sur mon passé. Je suis entièrement tourné vers l'avenir. Alors, quand je serai dans cet état d'esprit, quand je réfléchirai davantage à ce genre de choses, alors peut-être que j'écrirai quelque chose. Mais pour l'instant, ce n'est pas ma priorité.
— Oleg Dmitrievitch, le recrutement pour le corps des cosmonautes de Roscosmos est terminé. Qu'en pensez-vous ?
« Je n'ai pas participé directement à ce processus de sélection, contrairement aux précédents. J'étais l'un des organisateurs et l'un des directeurs. Mais, bien sûr, j'ai discuté avec les spécialistes qui ont mené la sélection, les auditions et le travail avec les candidats. Les avis divergent, évidemment. Mais le simple fait que les candidats aient voulu tenter leur chance est une bonne chose. »
Source: TASS, Crédit photographique: Pavel Shvets/TsPK/Roscosmos
