Nous ne vivrons pas sur Mars…et les méga constellations de satellites sont un danger pour le Terre
Non seulement nous ne vivrons pas sur Mars mais, en plus l'activité spatiale, sans règles, est un poison lent pour notre planète.
N'en déplaise à Elon Musk, mais reconnaissons le aussi peut-être à certains de nos lecteurs, l'activité spatiale moderne non réglementée fait courir un risque certain à notre planète.
Pour une fois Kosmosnews sort de son cadre habituel, l'activité spatiale russe, pour attirer l'attention sur deux dangers qui menace notre planète.
Ces deux dangers ont une source identique: l'exploitation irréfléchie de l'activité spatiale par des affairistes sans scrupules.
Bien que nous évitions généralement de prendre parti, le monde étant si divisé, il nous est probablement arrivé déjà de dénoncer les projets irresponsables et irréalistes d'Elon Musk et consorts.
Et voilà que certains scientifiques russes semblent emboîter le pas de ces affairistes pour qualifier la Lune de territoire naturel d'expansion de l'humanité...tout en reconnaissant que Mars est inatteignable pour les humains en chair et en os.
On sait aujourd'hui, avec plus de clarté que la colonisation de Mars est une vue de l'esprit (et très probablement aussi le simple voyage humain vers la planète rouge, du moins à court ou moyen terme). Même le libertarien Musk a dû "en faire" un peu moins sur Mars. On le savait un peu depuis le début, mais la lenteur avec laquelle le Starship est mis au point le confirme: l'humanité ne dispose pas d'un niveau de technologie pour une telle ambition.
Les fans d'espace, de voyages interplanétaires doivent ouvrir les yeux.
Certes, pour faire rêver, et attirer des financements, il fallait parler de Mars. Dans ce domaine Elon Musk a bien réussi. Au point qu'on s'aperçoit avec inquiétude que les affairistes mondiaux ne sont sont pas des lumières, étant prêts à investir dans des chimères: il faut "en être" dès fois qu'on louperait l'incroyable opportunité...de faire demain de l'argent.
Plus grave, si l'on peut dire, sont les conséquences de la course aux méga-constellations de satellites de communications (et bientôt de data centers spatiaux ?).
Il y a environ 10 ans il y avait dans le monde environ, bon an mal an, 70 lancements par an. Et le nombre de satellites lancés dépassait rarement la centaine (qui par ailleurs s'ajoutaient déjà aux débris spatiaux en augmentation).
Aujourd'hui, il y a plusieurs centaines de lancements par an et le même Musk nous en promet 1000 par an !
Or, non seulement ils multiplient le nombre de satellites fonctionnels mais multiplieront les débris spatiaux. C'est le premier danger identifié.
Le second ce sont les déchets spatiaux c'est à dire les suies et métaux qui vont polluer l'atmosphère à divers altitudes et mettre un frein à la reconstitution de l'ozone, dont on sait l'importance pour le climat.
Fans d'espace, ne laissez pas faire ces fossoyeurs de l'humanité!
L'activité spatiale doit être régulée par des règles établies mondialement, économe en matériel et énergie, servir aux bien-être des populations, au progrès des connaissances et à l'intelligence humaine.
Qu'apporte Elon Musk et sa folie libertarienne ? Paradoxe: alors qu'il a introduit en pratique avec succès le concept de fusées réutilisables (ce qui logiquement devrait conduire à une économie de moyen) son activité débridée et égoiste va conduire à un gaspillage monstrueux des ressources terrestres !
On lira avec intérêt deux articles d'Evrard-Ouicem Eljaouhari ici et ici. Mais aussi un article de blog ici écrit en 2021...
Pour ces articles, s'ils ne vous sont pas directement accessibles, contactez-nous.
Kosmosnews.fr; Crédit photographique: RKS/Roscosmos
