Les ICBM utilisés à des fins spatiales pacifiques
Dmitry Baranov a récemment annoncé que le premier lancement de la fusée Rokot-M modernisée est prévu pour 2026-2027.
A kosmosnews.fr on n'aime pas trop les engins de guerre. Alors quand des missiles balistiques sont transformés en lanceurs spatiaux, on se réjouit.
Le canal Telegram Popoularnaya kosmonavtika a publié un article intéressant faisant le point sur cette question des missiles russes transformés en lanceurs. On le reproduit ici en commençant par ceux qui vont être de nouveau utilisés pacifiquement:
La fusée Rokot-M, équipée de l'étage supérieur Briz-KM-2, pourra placer jusqu'à 2 tonnes de charge utile en orbite.
Le lancement est prévu depuis le cosmodrome de Plesetsk. Le système de contrôle du lanceur est développé par l'Institut d'ingénierie énergétique de Moscou (OKB MEI) en remplacement du système précédemment utilisé, fabriqué par Khartron, basé à Kharkiv, Ukraine).
Le lancement de la fusée Start-1M (une fusée à quatre étages dérivée du missile balistique intercontinental Topol-M, capable d'emporter jusqu'à 500 kg en orbite terrestre basse) est également prévu en 2026 depuis le cosmodrome de Vostochny.
Voici un aperçu de l'utilisation passée des missiles balistiques intercontinentaux par la Russie pour l'exploration spatiale pacifique.
Partie 1. Le lanceur léger Dnyepr.
Après la signature du traité START I, la question de la destruction des missiles balistiques intercontinentaux RS-20 (désignation OTAN SS-18 « Satan »), dont au moins 150 étaient concernés, s'est posée.
En conséquence, la société conjointe « Kosmotras » a été créée, fruit d'un projet commun russo-ukrainien visant à exploiter le complexe Dnyepr à des fins commerciales.
La fusée comportait trois étages : les deux premiers étaient des étages standards (sans modification) dérivés du missile RS-20, tandis que le troisième étage avait été modifié afin de moderniser le système de contrôle.
La fusée avait une masse au lancement de 211 tonnes, une longueur de 34 mètres et un diamètre de 3 mètres.
Les lancements étaient effectués depuis les silos du cosmodrome de Baïkonour et de la base aérienne de Yasny, dans la région d'Orenbourg.
La fusée était capable de placer un engin spatial ou un groupe de satellites de différents types, d'une masse maximale de 3,7 tonnes, en orbite à une altitude de 300 à 900 km.
De 1999 à 2015, 22 lancements ont été effectués, dont un s'est soldé par un accident. Des satellites appartenant notamment aux États-Unis, au Japon et à l'Arabie saoudite ont été mis en orbite.
En 2015, le programme d'utilisation de fusées modifiées a été suspendu, puis abandonné.
Partie 2. Le lanceur léger Rokot.
Le lanceur Rokot a été développé à partir de la technologie du missile balistique intercontinental RS-18 (nom de code OTAN : SS-19 « Stiletto ») et est conçu pour placer des engins spatiaux en orbite terrestre basse.
Le premier vol de démonstration du lanceur, équipé de l'étage supérieur Briz-KM, a eu lieu le 16 mai 2000. Le concepteur et le fabricant du lanceur Rokot sont le Centre spatial d'État de recherche et de production Khrounitchev.
Le lanceur Rokot se compose de trois étages. Les deux premiers sont des étages standard de missile balistique intercontinental RS-18, tandis que le troisième utilise l'étage supérieur Briz-KM. Une coiffe a été développée pour le lanceur, permettant d'embarquer un ou plusieurs engins spatiaux.
Les premiers essais de lancement ont été effectués depuis un silo du cosmodrome de Baïkonour, suivis d'un lancement depuis le sol depuis le cosmodrome de Plesetsk.
Du 20 novembre 1990 au 27 décembre 2019, 34 lancements de fusées Rokot ont été effectués (74 engins spatiaux ont été placés en orbite), dont deux lancements suborbitaux. Un lancement a connu une situation d'urgence.
Après 2019, les fusées ont été retirées du service.
Partie 3. Le lanceur léger Start-1.
Le Start-1 est un lanceur spatial à quatre étages à propergol solide, conçu au Centre scientifique et technique Complex-MIT, dérivé du missile balistique intercontinental 15Zh58 du système de lancement mobile Topol.
Il est conçu pour placer de petits engins spatiaux en orbite terrestre basse.
Quelques spécifications du lanceur :
hauteur — 22,7 m ;
diamètre — 1,8 m ;
masse — 47 tonnes ;
masse de la charge utile en orbite à une inclinaison de 90° :
à 300 km d’altitude — 420 kg, à 500 km d’altitude — 300 kg et à 1 000 km d’altitude — 110 kg.
Le premier lancement de la fusée a eu lieu le 25 mars 1993 et le dernier le 25 avril 2006.
Entre le 25 mars 1993 et le 25 avril 2006, sept lancements ont été effectués : six lancements de fusées Start-1 ont placé six engins spatiaux en orbite. Le premier lancement a été réalisé depuis le cosmodrome de Plesetsk, les autres depuis celui de Svobodny [aujourd'hui Vostochny]. Un lancement de la version Start depuis le cosmodrome de Plesetsk a été effectué par voie aérienne.
Le projet est gelé depuis 2006.
Sources: Popoularnaya Kosmonavtika 1, 2 et 3; Crédits photographiques via Popoularnaya Kosmonavtika
![Un missile Start-1 à Svobodny [aujourd'hui Vostochny] avant son lancement. C'est un missile dont la base est mobile.](https://kosmosnews.fr/wp-content/uploads/2026/02/Dniepr-Start-1M-ICBM-Espace-Via-Popoularnaya-Kosmonavtika-2026-02-05_04.jpg)
Un missile Start-1 à Svobodny [aujourd'hui Vostochny] avant son lancement en février 2001. C'est un missile dont la base est mobile. Image d'archives.

