Les rétro-fusées de Bion-M n°2, une technique qui remonte à Voskhod

Ivan Timoshenko, consultant son smartphone à proximité du module de retour de Bion-M n°2, les pieds dans les herbes brûlées.

Ivan Timoshenko, consultant son smartphone à proximité du module de retour de Bion-M n°2, les pieds dans les herbes brûlées.

Une technique qui remonte aux premières années de l'ère spatiale.

Vous l'avez remarqué le retour du module de descente de Bion-M n°2 s'est accompagné d'un feu "de steppe".

Bien que pas très fréquent il arrive que ces feux se déclarent au retour des capsules soyouz.

Cette fois-ci le feu a été provoqué par les rétro-fusées qui se déclenchent tout près du sol pour amortir le contact.

Voici ci-dessous l'histoire et l'explication du système avec un petit schéma.

En avril 1960, sous la direction d'Oleg Ivanovsky, l'OKB-1 [aujourd'hui RKK Energuya] avait développé une plateforme unifiée. Le mouvement qui en découlait se divisa alors en deux directions : son équipe de conception commença à développer un vaisseau spatial habité, provisoirement baptisé « Vostok-3 », tandis que le groupe de Youri Froumkine fut chargé du satellite de reconnaissance photoélectronique « Vostok-2 », rebaptisé plus tard « Zenit-2 ».

À ce stade, outre des différences internes, le vaisseau spatial acquit des aspects extérieurs différents, notamment son bouclier thermique, qui était « raboté » en cône dans la partie inférieur.

Gagarine, comme on le sait, a atterri sous un parachute personnel après s'être éjecté du vaisseau. Par conséquent, lors de la transformation du Vostok en Voskhod multiplace, qui a également hérité de la forme conique mentionnée précédemment (la photo  ci-dessous montre son premier prototype, lancé sous le nom de Kosmos-47), il a fallu inventer un système d'atterrissage en douceur sous la forme d'un moteur à propergol solide fixé à la suspente du parachute (éléments 2 et 8 du schéma plus bas) puisque les cosmonautes - 2 ou 3, n'étaitent plus éjectés avant le contact au sol.

Le Bion utilise exactement le même moteur (sur la photo, après le schéma, il se trouve à gauche de l'écoutille), à ​​la différence que la coque du vaisseau est « parfaitement » ronde, c'est-à-dire « à la Zenit » [ou encore "à la Vostok"].

[KN: Il est à noter que le canal d'Alekseï Shironine s'intitule "Cela n’est jamais arrivé auparavant !" dans lequel il s'amuse à montrer que bien des choses ont été inventées et utilisées bien avant nos jours...

Et si on parle du feu d'herbes, cela n'avait pas marqués spécialement ceux qui étaient sur place, notamment le photographe Ivan Timoshenko qui n'a été informé que cela interrogeait les observateurs que par les réseaux sociaux (l'image en haut de cette page).]

Sources: Alekseï Shironine et Ivan Timoshenko; Crédits photographiques: Ivan Timoshenko, Oleg Voloshine/IMBP et source inconnue.

Le système de rétro-fusées (en 2) fixé à la suspente du parachute.

Le système de rétro-fusées (en 2) fixé à la suspente du parachute.

La forme semi-sphérique de kosmos-47 en 1960.

La forme semi-sphérique de kosmos-47 en 1960.

On retire les couches de protection des écoutilles d'accès au module de descente.

On retire les couches de protection des écoutilles d'accès au module de descente. Notez la présence sur la gauche, au sol, le système de rétr-fusées accroché à la suspente principale du parachute.