Retour sur le projet spatial national de la Russie

Dmitry Bakanov (DG de Roscosmos) au TsIPR-2025. À sa droite, Maksout Shadayev, ministre du développement numérique.

Résumé du projet spatial national au TsIPR-2025 à Nijni Novgorod comme présenté par Dmitry Bakanov.

[KN: nous avons déjà rapporté plusieurs informations sur le projet spatial national russe, d'une façon qu'on pourrait qualifier "d'à chaud" telle que rapportée par l'agence TASS, en particulier les articles publiés le 3 juin. Ici nous publions un résumé de ce qu'à présenté Dmitry Bakanov à Nijni Novgorod au TsIPR-2025 que propose le canal "Zakrity Kosmos" dur Telegram.

La discussion a réuni Dmitry Bakanov, PDG de Roscosmos, Maksout Shadayev, ministre du Développement numérique, Vassili Chpak, vice-ministre russe de l'Industrie et du Commerce, Alexeï Chelobkov, PDG du Bureau 1440, Vladimir Sitnov, vice-président principal de la Sberbank, ainsi que la direction de la Société nationale de leasing des transports et du groupe Geoscan.

M. Bakanov a indiqué que le projet national comprenait huit projets fédéraux.

Deux d'entre eux – Sciences spatiales et Atome spatial – visent l'exploration du Système solaire.

Les projets Systèmes de production et technologiques et Personnel visent à développer l'industrie et à accroître l'efficacité de Roscosmos et de ses entreprises.

Les projets « Accès compétitif moderne à l'espace », « Cosmonautique habitée », « Communications et observation de la Terre » et « Navigation et temps » sont consacrés au développement de l'économie géocroiseur.

Un volet important du projet repose sur un partenariat avec le secteur privé, qui réduira la charge budgétaire et améliorera l'efficacité du secteur. Parmi les points clés :

— Lancement du groupe « Rassvyet » de 886 satellites en orbite basse pour fournir l'internet haut débit.
— Augmentation de la précision du système GLONASS à 2,5 mètres d'ici 2028 et à quelques dizaines de centimètres d'ici 2031 grâce au groupe « Rassvyet ».
— Création du lanceur « Amour » avec un premier étage de retour.
— Développement de groupes de satellites en orbites géostationnaires et hautement elliptiques.
— Lancement de la station de visite automatique ROSS (Voir notre commentaire à la fin de la page).

Le ministère russe des Finances a approuvé un financement de 4 500 milliards de roubles pour la mise en œuvre du projet, financé par des fonds budgétaires et extrabudgétaires.

La prochaine étape est l’examen et l’approbation du projet au Conseil du Président de la Russie pour le développement stratégique et les projets nationaux le 10 juin.

[KN: comme nous l'avons déjà indiqué, on ne parle plus du vaste projet "Sfera" qui agglutinait l'ensemble des groupes satellitaires russes. En particulier les projets Skif et Marafon-IoT, qui en faisaient partie ne sont pas intégrés sous cette forme: Ils seront remplacés par le groupe Rassvyet sur la base d'un partenariat public-privé avec la société BYouRO-1440 et devront assurer l'internet haut débit par satellite. Ce système Rassvyet servira aussi à accroitre la précision du système de géolocalisation Glonass.

La Russie entend baser l'aspect "sciences spatiales et interplanétaires" sur les sondes lunaires automatiques (pas de programme habité vers la Lune) et sur l'utilisation de l'énergie atomique. Ce dernier aspect repose à la fois sur le projet de remorqueur nucléaire "Zeus" et sur la mise au point et la fourniture d'une centrale énergétique nucléaire pour la station lunaire (coopération avec la Chine) ILRS.

Sur l'aspect "lanceur" la Russie entend mettre au point le lanceur Amour (mais il n'est pas précisé si les moteurs seront alimentés en méthane puisque la dénomination est "Amour" et non comme précédemment "Amour-SPG...).

Enfin, concernant, la poursuite de l'exploration habitée, la station ROS (qui prendra la suite de l'ISS) apparaît rebaptisée ROSS, comme au tout début du projet, le S supplémentaire indiquant "service" avec comme conséquence qu'elle ne sera pas habitée en permanence mais selon les besoins et pourra fonctionner automatiquement.

Il est clair qu'avec 140 millions d'habitants (soit 2 fois seulement la France !, L'URSS en avait 280 millions) la Russie ne peut pas être sur tous les fronts spatiaux...ou au même niveau que les USA].

Source: Zakrity Kosmos; Crédit photographique: TsIPR-2025