L'iode comme carburant de moteurs ioniques russes.

Les spécialistes d'Energiya viennent de déposer un brevet concernant un système de stockage et d'alimentation en iode pour des moteurs électriques avancés.

Les moteurs électriques (ioniques) consistent souvent en propulseurs à effet Hall. Parfois appelés "Stationnary Plasma Thruster" (SPT) ou moteurs à plasma stationnaire, ils sont un type de propulseur ionique (généralement de forme annulaire) qui utilise un champ électrique pour accélérer des ions. Il est dit à effet Hall car il utilise un champ magnétique pour piéger les électrons qui servent à ioniser un gaz. Ces ions sont alors accélérés et produisent une poussée.

Différents gaz peuvent servir dans ces types de propulseur. Parmi ceux-ci, le xénon est le plus couramment utilisé. Mais d'autres peuvent l'être.

Au début des années 90, Valeri Ostrovsky a mis en avant l'idée d'utiliser l'iode à la place du Xenon et le premier brevet a été déposé en 2006.

A l'initiative d'un autre chercheur de chez Energiya, Boris Sokolov, des travaux ont été entrepris à partir de 2012 afin de développer un système pour stocker et alimenter en iode un moteur initialement standard, démarré au xénon puis maintenu avec l'iode, système qui vient d'être breveté.

Quel est l'avantage d'utiliser l"iode?

D'abord les systèmes de stockage et d'alimentation au xénon sont assez complexes et de poids et de taille importants. Ensuite la production de xénon mondiale va devenir insuffisante au regard des besoins pour des missions lunaire et/ou dans l'espace profond. Enfin le coût du xénon est bien plus élevé que l'iode.

Au contraire l'iode peut être stocké sous forme solide puis gazéifié. Le coût de développement des systèmes à iode apparaît 10 fois moins élevé que ceux au xénon, pour au final des performances au moins identiques.

Le système proposé par Energiya utilise une cathode non destructible qui ne nécessite pas de système à gaz additionnel (argon ou xénon).

Un tel moteur pourra être utilisé comme moteur principal ou comme moteur de correction orbitale.

Des tests vont commencer dès la fin de ce mois de juin selon l'un des protagonistes du projet Pavel Shcherbinine.

En 2022, l'expérience "Ostrovsky" du nom du pionnier du domaine va être conduite dans l'espace: d'abord sur l'ISS, puis sur sur un vaisseau cargo Progress qui se détachant de l'ISS restera en orbite un mois supplémentaire pour tester le moteur électrique à iode.

Source et crédits photographiques: Energiya